| Beethoven
(1770-1827) L'homme
qui dirigeait l'orchestre n'entendait rien autour de lui que le
bruissement du silence, portant son vieux costume vert, à défaut
du traditionnel noir costume de cérémonie que sa pauvreté lui
refusait. Il avait défié les habitudes des anciens maîtres et
lancé la composition de sa 9ième symphonie, avec l'appui de
l'instrument et du chant. La voix qui accompagne les cymbales.
Mais il y avait, dans son ombre, une autre baguette,= qui
remplaçait la sienne et dirigeait les musiciens. Car il était
complètement sourd et gesticulait dans le vide. Quand vinrent
les applaudissements en salves de la fin du concert, il
poursuivait ses rythmes, dans l'inconscience. Il fallut bien lui
prendre le bras, le faire se retourner et voir les mains
frappantes et les bouches ouvertes en exclamation de vivat. Le
dernier concert de Beethoven.. À 8 ans, il donne ses premiers concerts et 12 ans, il publie sa première oeuvre. Mais il aimait défier l'autorité civile, quittant son bienfaiteur ducale, pour la liberté de Vienne; il pouvait faire de grandes colères, pour de petites frustrations. Il ne manquait pas d'irrévérence envers les puissants princes qui le protégeaient. Sur un mot, une impression, il brisait soudainement une amitié de longue date. Et la vie ne manqua pas de l'éprouver par une surdité progressive et totale à 30 ans, l'obligeant à communiquer par l'écriture, ses 264 Cahiers de conversation, dont l'héritier ne conserva que le tiers, par crainte de laisser connaître ses pensées saugrenues et ses impolitesses. Beethoven ne suivait pas les préceptes appris, mais toujours les dépassait, même au déplaisir de son publique viennois, pourtant averti, mais finalement assez traditionnel dans ses goût musicaux. Il vivait pauvre, dans le désordre, la saleté. Il parlait seul dans la rue, gesticulait comme un possédé et laissait penser qu'il était fou. Vers la fin de sa vie, il souhaitait vivement quitter Vienne, et s'en aller vivre en Angleterre, composé pour l'Orchestre Philharmonique de Londres qui avait fait l'honneur de lui commander la 9ième Symphonie. Quand il mourût à 57 ans, la ville s'éveilla de sa torpeur et lui fit un grand cortège de trente mille personnes, de ce génie musical d'origine flamande par le père, allemande par la culture Commentaires d'autres sources: Dans la biographie* mi- romancée (1) de Constanze Mozart, l'auteure, Isabelle Duquesnoy, cite des passages de vie réelle, dont des rencontres, des témoignages. Faisant parler la dame, lors du séjour à Vienne du musicien, elle dira "Beethoven parle de lui-même en se décrivant comme un génie; on sourit parfois dans son dos, car on raconte qu'il renverse souvent son encrier et laisse tomber tous les objets de ses mains. Il n'est pas rare que sur son passage tout soit sali, renversé ou abîmé. Les jeunes filles s'amusent de ses maladresses et de ses emportements; il ne sait pas danser en mesure et semble ne pas savoir se raser autrement qu'en causant des balafres sur les joues. Je trouve cela attachant; les artistes sont des personnes différentes des autres ." pp100. Plus loin, après que le musicien eut donné sa première grande académie publique, en jouant une sonate, bien accueillie, "on ne redoute plus ses notes étranges à présent, mais plutôt sa mauvaise langue. Par-dessus tout, son extérieur, son irritabilité, son manque de réserve dans ses jugements trop impulsifs, que la jalousie et l'envie ne pouvaient pas accepter, ..." et "Personne ne peut imaginer à quel point il est maladroit, cela est réellement étonnant. Il ne peut jamais adopter un principe ou une règle; on ne peut être plus malhabile à s'expliquer", pp129. Puis ""On s'amuse, dit Contanze, toujours de lui dans les salons, on imite ses affreuses tournures et on rentre le menton dans le col, en signe de bouderie, non avoir demandé au préalable: devinez qui je suis. Un singe!". pp132. Et "Sa Giulietta emprisonne son coeur. Brave lourdaud, paysan ambitieux, Beethoven croit encore à son escalade sociale par la compagnie des nobles. Le comte Deym raconte à qui veut écouter combien le maître de musique de sa femme est coléreux: il jette les partitions au sol, déchire les pages lorsque les élèves ne jouent pas à son goût. Il ne supporte pas que l'une d'elles joue Mozart; il tolère Bach, mais il déteste par-dessus tout qu'on le supplie d'enseigner ses propres notes. Il refuse l'argent des leçons de musique, malgré les chemises et ses linges pourris,...il refuse de porter du linge se ce n'est la comtesse Giulietta qui l'a cousu". pp 138. *- Les confessions de Constanze Mozart, par Isabelle Duquesnoy, roman, tome II, Plon, 2005 Claude Jolicoeur, md
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