La garde partagée
L'enfant humain naît avec une grande dose d'immaturité neurosensorielle et
cognitive. Même après une gestation bien régulée de 40 semaines, il reste
beaucoup à faire; et jusqu'en fin d'adolescence, le cerveau aura une grande
facilité de se construire en fonction des stimuli du milieu, un capacité
d'organiser les apprentissages en réseaux parallèles, dans la structure
neuronale. Si une langue seconde s'apprend sans accent, sans trace de la langue
maternelle, jusqu'en fin de démyélinisation des neurones (17-18 ans), c'est bien
que le réseau synaptique et neuronale se bâtit en toute indépendance, comme
également chaque apprentissage qui se fait.
Si l'on peut compter sur le phénomène de l'instinct d'attachement, dans les premières phases de la vie, il en reste que le parent n'a aucune connaissance innée de la nature intime de son enfant (son tempérament, son caractère neurocognitif). Il se doit de l'apprendre par sa présence, son observation, sa constance. L'enfant porte ainsi cette tâche de se faire connaître autant auprès du père que de la mère.
L'hypothèse que tout changement de lieux, de personnes deviennent traumatiques en soi semble irréaliste, surtout si l'on escompte des profits à moyen et long terme dans la qualité du mode parental. Les visites irrégulières, espacées, ne peuvent solidifier une relation nettement virtuelle, sans imputabilité concrète.
L'anxiété qui accompagne la transition se compare aux douleurs de croissance; elle fait partie d'une vie qui avance. Le symptôme est encore plus important dès que l'on assiste à des morbidités quelconque, comme le retard de développement, sous toutes ses formes, là où la notion du temps global (passé, présent, futur) tend à s'effacer au profit du seul temps présent, immédiat (impulsivité).
Claude Jolicoeur, pédopsychiatre
novembre 2005-2008
Consultation -guidance:
claudel900@yahoo.ca