L’enfant de 12 ans au roman plagié
Une fillette de 12 ans publie, en édition officielle, un roman de quelques
centaines de pages et se fait reconnaître comme auteure surdouée et géniale,
jusqu'à ce que l'auteur réel, un adulte d'un autre continent, identifie la
supercherie. Si l’on prend pour acquis que personne n’est intervenu dans
l’élaboration de ce scénario, il faut bien élaborer quelques hypothèses
raisonnables pour expliquer un tel geste.
. d’abord l’affabulation infantile.
S’inventer des histoires fantastiques, au point s’y croire, d’en faire
complètement partie, comme d’une réalité au quotidien. Mais le plus souvent ces
histoires, aussi fictives soient-elle, sont variables, en fonction de la
situation du plaisir et de l’instant présent et ne durent pas, à l’identique,
très longtemps. En général, c’est la peur de la punition qui crée l’impulsion de
se défendre du pire, en faisant flèche de tout bois.
. ensuite un trait autiste mineur ou minimal :
Vivre une vie parallèle, à plusieurs niveaux, sans que les espaces se touchent,
mais qui permet de profiter de ses talents propres, à chaque fois que
nécessaire, sans que se manifeste la culpabilité, le remords, en situation
antisociale, par exemple. L’on remarque que tel enfant vit dans sa bulle, en
s’isolant de ses pairs, en poursuivant des activités que lui seul imagine et
comprend à sa manière, bien distincte de celle de l’observateur.
. ou encore la psychose aiguë ou chronique, où le monde de la réalité et celui
de l’imaginaire se confondent totalement, en dehors de toute gratification
immédiate. Mais y fait défaut tout sens de l’organisation, car c’est le
contraire qui domine, la désorganisation de la conduite et de la pensée, souvent
accompagnée de sentiments de persécution et d’hallucinations.
. enfin la tromperie pure et simple: affaire bien difficile à réussir à cet âge,
car il exige si un haut degré de planification, qu'il est impropre à l'enfance
ou la jeune adolescence où la naïveté et l'impulsivité dominent encore la
conduite.
Claude Jolicoeur
2007 ®